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Cinq erreurs au démarrage avec SAP Business Data Cloud
Guides pratiques · ·7 min de lecture

Cinq erreurs au démarrage avec SAP Business Data Cloud

Michael Suter

Michael Suter

Senior SAP BAIP Architect, Spadoom AG

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Vingt mois après l’annonce de SAP Business Data Cloud (BDC), les premiers projets sur le marché ont largement dépassé la slide de lancement. Certains livrent des chiffres auxquels la direction se fie. D’autres sont bloqués au quatrième mois, avec un tenant provisionné et aucune réponse à montrer. Les projets bloqués partagent en général les cinq mêmes erreurs.

En bref : commencez par une question métier, pas par la plateforme. Vérifiez que le produit de données dont vous avez besoin existe réellement pour votre système source, surtout pour le CX. Nettoyez les données de base avant de les modéliser. Choisissez Datasphere, SAP Databricks ou une plateforme partenaire une fois la question claire. Et obtenez une vue écrite des licences, surtout si vous exploitez SAP BW aujourd’hui.

Si vous avez d’abord besoin des bases, SAP Business Data Cloud expliqué décrit de quoi se compose BDC, et notre chronologie BDC 2025 à 2026 ce que SAP a annoncé et quand.

Erreur 1 : commencer par la plateforme au lieu du cas d’usage

BDC est un ensemble : SAP Datasphere, SAP Analytics Cloud, SAP BW, SAP Databricks, produits de données et cockpit BDC. Cela fait beaucoup de surface. La tentation est de tout activer, d’organiser quelques formations, puis de demander au métier ce qu’il veut.

Cet ordre échoue. Personne à la vente ou à la finance ne s’enthousiasme pour un cockpit. L’enthousiasme vient quand un chiffre dont on débat chaque mois devient enfin juste.

Comment l’éviter :

  • Écrivez une question de la direction. Par exemple : « Quelle est notre vraie marge par client, après les coûts de service ? »
  • Nommez le responsable métier de ce KPI. Pas l’informatique, mais la personne interrogée en conseil d’administration.
  • Définissez les trois à cinq objets sources nécessaires pour y répondre.
  • Dimensionnez le périmètre BDC sur cette question, rien de plus.

Un premier cas d’usage livré en huit semaines vous assure le budget du deuxième.

Erreur 2 : supposer qu’un produit de données existe pour votre source

Les produits de données gérés par SAP sont la vraie nouveauté de BDC. SAP maintient l’extraction et la sémantique, vous n’avez donc plus à les reconstruire après chaque release. Notre article sur les produits de données entre dans le détail.

Le hic : la couverture est inégale. Les premiers produits de données portaient sur S/4HANA (finance, supply chain), SAP Ariba (achats) et SAP SuccessFactors (RH). Finance, People et Cloud ERP Intelligence sont disponibles en version générale depuis octobre 2025.

Pour le CX, le tableau est plus mince. Nous n’avons vu aucune source SAP qui cite des produits de données spécifiques pour SAP Sales Cloud V2 ou Service Cloud V2. Revenue Intelligence, anciennement Customer Intelligence, vise les données de vente, de marketing et de service, mais son dernier statut public que nous pouvons citer est une preview restreinte. On n’y planifie pas une mise en production.

Comment l’éviter :

  • Vérifiez le catalogue des produits de données pour votre système et votre release exacts avant de vous engager sur un calendrier.
  • Pour les données CX, prévoyez votre propre intégration. L’approche événementielle via SAP Integration Suite vers Datasphere fonctionne, la réplication aussi.
  • Traitez les éléments de roadmap comme des éléments de roadmap. Si la slide dit « preview », le plan de projet dit « pas encore ».

Erreur 3 : sous-estimer la qualité des données de base

Un produit de données livre une structure propre. Il ne livre pas un contenu propre. Si votre CRM contient trois fiches pour le même client, BDC vous montrera trois clients, très vite et dans un joli graphique.

Le problème pèse le plus lorsque vous combinez données CRM et ERP. Les comptes de Sales Cloud V2 et les partenaires commerciaux de S/4HANA ont besoin d’une clé fiable entre eux. Sans elle, chaque KPI transversal est faux d’un écart que personne ne sait expliquer.

Comment l’éviter :

  • Avant de modéliser, analysez les objets de votre cas d’usage : doublons, identifiants manquants, codes incohérents.
  • Corrigez d’abord le mapping des clés entre comptes CRM et partenaires commerciaux ERP.
  • Confiez la qualité des données à un responsable côté métier. L’informatique peut nettoyer une fois, seul le métier garde les données propres.

Erreur 4 : choisir le compute avant la question

BDC propose désormais plusieurs options de compute. Datasphere pour la modélisation et la sémantique. SAP Databricks pour le data engineering et le machine learning. SAP Snowflake, annoncé au TechEd 2025. Et BDC Connect, qui relie les plateformes que vous exploitez déjà : en mai 2026, SAP a cité Snowflake, Databricks, Google BigQuery et Microsoft Fabric comme partenaires et annoncé un connecteur pour Amazon Athena.

Cela fait beaucoup de choix, et certaines équipes passent des mois à comparer des moteurs avant d’avoir une seule exigence. Nous traitons l’une de ces décisions dans SAP Databricks ou votre propre Databricks.

Comment l’éviter :

  • Pour la plupart des besoins de reporting et de planification d’une PME, Datasphere et SAP Analytics Cloud suffisent pour démarrer.
  • Ajoutez SAP Databricks lorsqu’une tâche concrète de machine learning ou d’engineering l’exige.
  • Si vous exploitez déjà Databricks, Snowflake ou BigQuery, traitez les connecteurs comme du partage zero-copy (Delta Sharing), pas comme une nouvelle chaîne de réplication.
  • Ne décidez sur un connecteur qu’une fois celui-ci disponible en version générale pour votre région.

Erreur 5 : des licences floues et la peur de payer deux fois

Sur le plan commercial, BDC n’est pas un produit simple. Composants, produits de données et applications intelligentes sont tarifés de manières différentes, et les offres varient beaucoup selon le périmètre. La finance arrête alors le projet au troisième mois, parce que les coûts récurrents n’ont jamais été clairs. SAP facture désormais BDC en Capacity Units : cela donne une structure au coût, pas un chiffre. Le chiffre dépend de votre cas d’usage.

Les clients SAP BW ont une variante particulière de cette inquiétude. Ils paient déjà BW et craignent de payer à nouveau pour BDC. SAP BW private cloud edition fait partie de BDC et SAP en a prolongé la maintenance jusqu’en 2030. Que cela vous fasse économiser dépend de votre contrat.

Comment l’éviter :

  • Demandez une offre écrite qui rattache chaque composant à votre premier cas d’usage.
  • Demandez explicitement comment les licences BW et Datasphere existantes sont reprises ou converties.
  • Calculez aussi la deuxième et la troisième année, pas seulement la première durée contractuelle.
  • Impliquez votre contrôle de gestion avant la signature, pas après.

Ce que cela signifie pour vous

Pour une PME suisse qui utilise SAP Sales Cloud V2, Service Cloud V2 ou S/4HANA Public Cloud, la voie sûre est étroite et courte :

  1. Une question, un responsable, un domaine.
  2. Un produit de données là où SAP en a un, une intégration propre là où il n’y en a pas (aujourd’hui pour le CX).
  3. Des clés propres entre CRM et ERP avant le premier tableau de bord.
  4. Datasphere d’abord, de la puissance de calcul supplémentaire seulement quand une tâche l’exige.
  5. Une vue des licences validée par votre directeur financier.

Rien de tout cela n’est exotique. C’est la même discipline qui a fait réussir les projets BI d’hier. BDC vous épargne une grande partie de la tuyauterie, pas l’obligation de savoir ce que vous demandez.

Prochaine étape

Spadoom relie les données de Sales Cloud V2, Service Cloud V2 et S/4HANA Public Cloud et travaille avec SAP Datasphere. Si vous souhaitez un deuxième avis sur votre premier cas d’usage BDC, consultez notre page SAP Business Data Cloud et réservez un court échange. Nous vous dirons honnêtement si vous êtes prêts, ou ce qu’il faut corriger d’abord.

Questions fréquentes

Quelle est l’erreur la plus fréquente au démarrage avec SAP Business Data Cloud ?

Commencer par la plateforme au lieu d’une question métier. Les équipes provisionnent Datasphere, SAP Analytics Cloud et SAP Databricks, puis cherchent quoi en faire. Commencez par un KPI auquel un responsable métier nommément désigné veut une réponse, et dimensionnez la plateforme en conséquence.

Existe-t-il des produits de données gérés par SAP pour SAP Sales Cloud V2 et Service Cloud V2 ?

Vérifiez le catalogue pour votre release. Les produits de données de SAP ont commencé par S/4HANA, SAP Ariba et SAP SuccessFactors, et Revenue Intelligence, qui vise les données de vente, de marketing et de service, était en preview restreinte dans le dernier statut public de SAP que nous pouvons citer. Là où aucun produit de données CX n’existe, les données CX arrivent dans Datasphere par une intégration propre, par exemple événementielle via SAP Integration Suite ou par réplication.

Faut-il choisir d’abord SAP Databricks, Snowflake ou Datasphere ?

Choisissez d’abord la question. Datasphere couvre la modélisation et la sémantique pour la plupart des besoins de reporting d’une PME. SAP Databricks et SAP Snowflake se justifient lorsqu’un travail de data engineering ou de machine learning les exige, ou pour connecter une plateforme existante en partage zero-copy.

Les clients SAP BW existants paient-ils deux fois avec BDC ?

Pas forcément, mais il faut le clarifier avant de signer. SAP BW private cloud edition fait partie de BDC, avec une maintenance prolongée jusqu’en 2030. Demandez à SAP un récapitulatif écrit du lien entre vos licences BW actuelles et l’abonnement BDC.

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