SAP Customer Data Platform : quand vous en avez réellement besoin
CEO Spadoom AG & Porte-parole DSAG CX Suisse
Toute diapositive d’architecture SAP CX finit par arriver à la Customer Data Platform : profils unifiés, gestion des consentements, segmentation en temps réel, un cercle parfait autour de chaque point de contact. La diapositive convainc. La licence n’est pas bon marché.
La SAP CDP est un produit solide pour un problème précis : des données client réparties sur de nombreux systèmes, sans identité commune. Beaucoup d’entreprises de taille moyenne n’ont pas encore ce problème, et certaines grandes non plus. Ces deux dernières années, nous avons conseillé à davantage de clients d’attendre qu’à acheter. Cet article explique ce que fait le produit, comment savoir si vous en avez besoin et comment l’introduire sans miser le budget sur un schéma.
En bref : la SAP CDP réunit les données client du CRM, du commerce, du marketing, du service et de l’ERP en un profil par personne, applique les consentements dans tous ces systèmes et transmet les segments aux canaux qui les utilisent. Vous en avez besoin lorsque vos données client se trouvent dans cinq systèmes ou plus, que vous exploitez quatre canaux ou plus et que vous gérez nettement plus de 200’000 profils. En dessous, SAP Sales Cloud V2 et SAP Engagement Cloud couvrent généralement le besoin. Dans tous les cas, réglez d’abord la qualité des données.
Qu’est-ce que SAP CDP ?
SAP CDP (SAP Customer Data Platform) est la plateforme de données clients de SAP. Elle fait partie du portefeuille Customer Data Cloud de SAP, aux côtés de SAP Customer Identity (CIAM) et de la gestion des consentements, et réunit les données clients issues du commerce, du marketing, du service, du CRM et de l’ERP en un profil unifié par personne, applique les consentements de cette personne et active les segments dans les canaux. Ce n’est pas un produit de connexion ou d’identité : SAP Customer Data Cloud (CDC) gère l’inscription, la connexion et le recueil du consentement à l’entrée, tandis que la CDP travaille sur le profil unifié qui se trouve derrière.
Que fait concrètement la SAP CDP ?
SAP Customer Data Platform a été lancée en 2020 et est documentée sur le SAP Help Portal. Elle suit trois principes : Unify (réunir les données de nombreuses sources en une identité client), Respect (respecter les consentements et les préférences de confidentialité) et Activate (transmettre profils et segments aux systèmes qui les exploitent). Concrètement, cela représente cinq capacités.
Rapprochement des identités
La CDP reconnaît la même personne à travers adresses électroniques, numéros de téléphone, identifiants de fidélité, cookies du site et fiches CRM. « john.smith@company.com » issu d’une campagne, « John Smith, compte 4521 » dans l’ERP et le visiteur anonyme « a8f3 » sur le site deviennent un seul profil. C’est plus difficile qu’il n’y paraît, surtout en B2B, où plusieurs acheteurs relèvent du même compte d’entreprise. Sur certains projets, nous avons consacré des sprints entiers aux seules règles de rapprochement.
Consentements et gouvernance des données
Chaque donnée porte ses informations de consentement. La CDP relie les consentements à des finalités et à des abonnements et les applique en aval : lorsqu’une cliente retire son consentement marketing dans un canal, chaque système connecté le respecte. Avec le RGPD et la nouvelle loi suisse sur la protection des données (nLPD), le consentement devient ainsi opérationnel plutôt qu’une simple case à cocher. Si l’identité et le consentement sont déjà recueillis à la connexion par SAP Customer Data Cloud, la CDP les reprend à partir de là (voir SAP CDP vs CDC).
Intégration continue des données
La CDP intègre les données en continu : achats depuis SAP Commerce Cloud, réactions aux campagnes depuis SAP Engagement Cloud (anciennement SAP Emarsys), dossiers depuis SAP Service Cloud, ainsi que toute source non SAP connectée par API. Les profils se mettent à jour en quelques minutes plutôt qu’après un export nocturne, ce qui compte lors d’une vente flash ou d’une escalade de service.
Segmentation et activation
Une fois les profils unifiés et les consentements connus, vous créez des segments (« a acheté le produit A ces 90 derniers jours, a consenti aux courriels, n’a pas visité le site depuis 30 jours ») qui se mettent à jour d’eux-mêmes selon le comportement, puis vous les transmettez à Engagement Cloud, à Commerce Cloud, à des plateformes publicitaires ou à des outils d’analyse. C’est ce qui distingue la CDP d’un entrepôt de données : l’entrepôt stocke pour le reporting, la CDP agit.
Suivi et mise en correspondance des événements
La CDP surveille l’arrivée des données, la complétude des profils et l’état des segments, et relie les événements entre les sources : la visite du site, l’achat qui a suivi, le dossier de service ensuite. Vous voyez ainsi le parcours client de bout en bout et savez si votre personnalisation fonctionne.
Quand avez-vous vraiment besoin de la CDP ?
La CDP rentabilise son coût dans des situations précises. Quatre questions tranchent.
Vos données client sont-elles réparties dans cinq systèmes ou plus ?
Si vos données client se trouvent dans SAP Sales Cloud V2, SAP Commerce Cloud, Engagement Cloud, un ancien ERP, un système de caisse et un outil de service séparé, vous avez un problème de fragmentation. Les ventes voient une version du client, le marketing une autre, le service une troisième. La CDP crée le profil auquel tous se réfèrent.
Seuil : deux ou trois systèmes déjà bien intégrés (par exemple Sales Cloud V2 et Engagement Cloud avec l’intégration standard) n’ont généralement pas besoin de CDP. À partir de cinq systèmes avec des identifiants différents et sans source de référence, elle commence à se justifier.
Exploitez-vous plusieurs canaux ?
Une entreprise qui vend en ligne, exploite des magasins, propose une application et communique par courriel, SMS et réseaux sociaux a des interactions dispersées dans des systèmes qui ne se parlent pas. Une cliente qui consulte un produit dans l’application, passe en magasin sans acheter puis reçoit la bonne offre par courriel n’existe comme un seul parcours que si quelque chose relie les points. La CDP s’en charge.
Seuil : un seul canal, par exemple la vente directe B2B via SAP Sales Cloud, justifie rarement une CDP. À partir de quatre canaux, l’évaluation vaut la peine.
Les consentements doivent-ils être coordonnés entre systèmes ?
Si vous traitez des données client dans plusieurs systèmes sous le RGPD ou la nLPD, le consentement ne peut pas vivre dans un seul d’entre eux. La CDP propage un retrait d’un canal à tous les systèmes connectés ; sans elle, restent des processus manuels et le risque de conformité qui va avec.
Seuil : si un système doté d’une gestion des consentements intégrée pilote votre marketing (Engagement Cloud le fait bien), la CDP n’est pas nécessaire pour les seuls consentements. Si quatre systèmes ou plus doivent rester synchronisés, c’est une autre affaire.
Voulez-vous une personnalisation qui dépasse « Bonjour {prénom} » ?
La vraie personnalisation combine plusieurs sources : ce client a acheté des machines à café professionnelles, son contrat de service arrive à échéance dans 60 jours, il a consulté hier la page des accessoires et devrait recevoir une offre pour la mise à niveau de maintenance. Il faut pour cela des données transactionnelles, comportementales, contractuelles et de préférence dans un seul profil.
Seuil : la personnalisation fondée sur l’historique d’achat et le comportement face aux courriels, Engagement Cloud la gère bien seule. Les décisions en temps réel sur cinq sources ou plus sont le point où la CDP devient indispensable. Les programmes de fidélité en sont un cas typique ; nous décrivons cette combinaison dans SAP Loyalty, Engagement Cloud et CDP ensemble.
Quand n’avez-vous pas besoin de la CDP ?
En tant que partenaire SAP, cette phrase nous coûte du chiffre d’affaires de licences, mais la plupart des entreprises avec lesquelles nous parlons n’ont pas encore besoin de CDP.
Votre base clients est petite
Avec 10’000 clients et un seul canal de vente, la CDP est surdimensionnée. Votre CRM connaît déjà ces clients. La CDP devient rentable lorsque vous gérez des centaines de milliers de profils sur plusieurs canaux.
Vous avez une ou deux sources de données
La valeur centrale de la CDP est l’unification. Si vos données client se trouvent dans SAP Sales Cloud V2 et Engagement Cloud, intégrés en standard, il y a peu à unifier. Ajoutez une plateforme de commerce, des caisses, une application et un outil de service, et le tableau change.
Votre activité est purement B2B avec vente directe
Les entreprises B2B avec un portefeuille de comptes défini et une vente directe ont rarement la diversité de points de contact qui justifie une CDP. Les commerciaux connaissent les clients et les données sont dans le CRM. L’exception : les entreprises B2B avec des milliers de clients PME, du commerce en ligne et des réseaux de distribution en tirent un vrai bénéfice. Le scénario type « 50 comptes clés, dix commerciaux », non.
La qualité de vos données n’est pas encore réglée
C’est le point le plus souvent négligé et, selon notre expérience, la principale raison pour laquelle les projets CDP déçoivent. Dans une enquête de 2024 menée par Precisely et le LeBow College of Business de l’Université Drexel, seules 12 % des organisations estimaient leurs données prêtes pour l’IA (Precisely et Drexel LeBow, 2024). La segmentation et l’activation reposent sur les mêmes données. La CDP unifie les données, elle ne les nettoie pas. Des contacts en double dans le CRM, des noms incohérents dans l’ERP et des adresses invalides marquées actives dans le marketing deviennent un désordre unifié.
D’abord la qualité des données, ensuite la CDP.
Comment décider ? La grille des cinq questions
| Question | Vous n’avez pas besoin de CDP | Vous devriez évaluer la CDP |
|---|---|---|
| Combien de systèmes contiennent des données client ? | Moins de 4 | 5 ou plus |
| Combien de canaux exploitez-vous ? | 1 à 2 | 4 ou plus |
| Combien de profils client gérez-vous ? | Moins de 50’000 | Plus de 200’000 |
| Les consentements sont-ils coordonnés entre systèmes ? | Un seul système s’en charge | Synchronisation sur 4+ systèmes nécessaire |
| La qualité de vos données est-elle solide ? | Non (à régler d’abord) | Oui, la CDP peut s’appuyer dessus |
Trois réponses ou plus dans la colonne de droite : il est temps d’examiner sérieusement la question. Une ou deux : tirez d’abord davantage de vos outils existants. La plupart des entreprises que nous évaluons se retrouvent dans la catégorie « pas encore », et c’est un bon résultat.
À quoi ressemble un déploiement réaliste ?
Même lorsque la CDP est la bonne réponse, inutile de tout introduire le premier jour. Une approche par étapes fonctionne le mieux, et les données du marché plaident pour la patience : dans l’enquête « State of the CDP 2024 » de Tealium, 48 % des utilisateurs de CDP ont constaté un retour sur investissement en six mois et 79 % en douze (Tealium, 2024 ; Tealium vend lui-même une CDP, lisez donc ces chiffres comme une enquête de fournisseur).
Étape 1 : mettez en place SAP Sales Cloud V2 et/ou SAP Engagement Cloud. Faites fonctionner correctement le CRM et l’automatisation marketing : c’est là que se trouve l’essentiel de la valeur immédiate. Si vos clients se connectent quelque part, réglez maintenant l’identité et le consentement, en général avec SAP Customer Data Cloud (ce que fait la CDC). Chez Medion, nous avons regroupé 2,8 millions de comptes de cinq marchés en une seule identité avant que la segmentation entre marchés ne devienne possible.
Étape 2 : reliez les systèmes via les intégrations standard, vérifiez la qualité des données et repérez les lacunes des profils. Cette étape montre souvent si vous avez besoin de la CDP.
Étape 3 : ajoutez la CDP lorsque les cas d’usage sont clairs, que les données sont propres et que l’entreprise est prête à utiliser des profils unifiés au quotidien.
Chaque étape prouve sa valeur, et la décision sur la CDP se prend sur la base de l’expérience avec vos propres données plutôt que d’une diapositive d’architecture.
Notre position
Nous implémentons la SAP CDP et avons vu comment elle transforme la relation client dans les entreprises confrontées à une réelle complexité de données. Nous avons aussi conseillé à davantage de clients d’attendre que d’acheter. Un bon projet CDP commence par « quel problème résolvons-nous ? », pas par « l’architecture prévoit une case pour cela ». Si vous cherchez un partenaire pour toute la couche identité et données, notre panorama des partenaires SAP CIAM et CDP en Suisse et DACH explique ce qui compte.
Vous évaluez si la CDP convient à votre situation ? Parlons-en. Vous obtiendrez une réponse claire, même si c’est « pas encore ».
Questions fréquentes
Combien coûte la SAP CDP ?
SAP ne publie pas de prix catalogue pour la CDP ; la licence dépend du volume de données et du nombre de sources connectées. Prévoyez un investissement important, généralement supérieur à Engagement Cloud ou Sales Cloud V2 seuls. Le coût total comprend la licence, l’implémentation (en général 3 à 6 mois pour la première étape) et la gouvernance continue des données. C’est pourquoi la grille de décision ci-dessus compte.
SAP Engagement Cloud peut-il remplacer la CDP ?
Pour les cas d’usage marketing, souvent oui. Engagement Cloud couvre la segmentation, la personnalisation des campagnes et des profils client de base. Il n’offre ni le rapprochement des identités entre plusieurs systèmes ni la gestion des consentements entre plateformes. Si vos données se trouvent dans Engagement Cloud et un ou deux autres systèmes, il suffit probablement ; si vous devez unifier cinq sources ou plus pour une activation omnicanale, la CDP comble le manque.
Combien de temps dure une implémentation CDP ?
La première étape (connexion des sources, règles de rapprochement et segmentation de base) dure généralement 3 à 6 mois. Un déploiement complet avec orchestration des consentements et activation en temps réel peut prendre 9 à 12 mois. La principale variable est la qualité des données, pas la technologie : des données sources propres raccourcissent nettement le calendrier.
En quoi la CDP diffère-t-elle d’un CRM ou d’un entrepôt de données ?
Un CRM comme SAP Sales Cloud V2 gère les relations connues : contacts, opportunités, activités. Un entrepôt de données stocke des données pour le reporting. La CDP se situe au niveau des données, entre les deux : elle intègre les données du CRM, du commerce, du marketing, du service et de la navigation anonyme, rapproche les identités en un profil, applique les consentements et transmet les segments aux systèmes qui les utilisent.
Ai-je besoin de la CDP pour être conforme au RGPD ou à la nLPD ?
Pas nécessairement. Le traitement licite et la gestion des consentements peuvent être assurés dans chaque système. La CDP devient précieuse lorsque les consentements doivent rester synchronisés sur quatre systèmes ou plus, afin qu’un retrait dans un canal soit respecté partout. Pour un seul système, les outils intégrés suffisent.
La CDP remplace-t-elle SAP Customer Data Cloud (CDC) ?
Non, elles se complètent. SAP Customer Data Cloud gère l’identité et le consentement côté client : inscription, connexion, authentification unique et gestion des préférences. La CDP reprend ces données avec d’autres sources et en construit des profils pour l’activation. Beaucoup d’organisations utilisent les deux, mais chacune fonctionne aussi seule.
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Des réponses fondées sur ce que Spadoom a publié sur ce site, avec des liens vers les pages sources.
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